Aussi vrai que sous le pont Mirabeau coule la Seine, il existe en Moselle un petit village qui porte le nom de Marieulles où d’irréductibles gaulois de l’association Hoa Trang - Fleur Blanche viennent 4 à 5 fois par an s’acquitter d’une opération qui porte le nom de code "conteneur".
Les petits nouveaux, comme votre narrateur, découvraient pour la première fois la ferme de Maryse et Patrick Samsonnix qui, toute l’année, stockent du matériel à usage médical dans les dépendances de leur exploitation agricole. Avant donc de vous raconter cette journée particulière pour l’association, je pense qu’il est utile de remercier et mettre en tout premier plan tous ceux qui ont, de près ou de loin, participé au don et au stockage de ce matériel.
Pour ce 12ème conteneur (10 «Fleur Blanche» + 2 «ATEM» à Saint Marcel Sur Aude/Hérault), nous n’étions pas moins de 32 personnes au rendez-vous fixé le 24 juin de cette année 2006 (après JC) ! C’est sans doute vers 9 h du matin que l’opération a débuté. Votre narrateur ayant le sens de l’orientation d’un poulpe, il mit une bonne ½ heure à trouver le camp retranché.
Le gros conteneur bleu était pourtant là, bien en place, accroché au tracteur de Christian Martignonnix, dans la cour de la ferme. En voyant ce monstre de ferraille, je me suis dis «Cette chose part pour le Vietnam» et je n’ai pu m’empêcher de trouver cela touchant, de l’imaginer faire ce long voyage que nombre d’entre nous ont déjà fait… Faut être gaulois ou fou pour être touché par un tel tas de ferraille, mais c’est ainsi !
Au pied du camion, le chef Sylvanus Ajassix en tenue de combat -un uniforme de camouflage à son nom… du vrai de vrai !!!- veillait au grain et à l’organisation globale du remplissage de la bête avec une bienveillance et une sympathie loin de la rigueur militaire telle qu’on l’imagine.
Le but principal de l’opération, lors des journées de préparation qui avaient précédé plusieurs lunes avant, était de re-conditionner les matériels à expédier de façon à ce que les objets prennent le moins de place possible dans les entrailles du conteneur. Par une déduction simple, foi de gaulois : « moins c’est large, plus on en met ! »
Le jour du chargement, un groupe perché dans un immense grenier de la ferme s’acquittait encore à préparer, trier et re-conditionner, toute sorte de matériels à usage médical aussi variés qu’imposants et à le déposer dans un équilibre certain sur des palettes que Patrick Samsonnix délogeait fort adroitement -avec une dextérité toute professionnelle- à l’aide de son tracteur, les unes derrières les autres.
Les palettes, emmenées à hauteur du bloc bleu, trouvaient là de courageuses mains qui s’affairaient à trouver la disposition qui laisserait le moins d’espace vide. Coup de chapeau à ceux qui, dans le containeur, non contents de mettre à contribution leurs muscles saillants, trouvèrent aussi la meilleure formule au puzzle.
Un autre groupe se trouvait sous le hangar pour empaqueter, déballer re-re-conditionner, principalement des générateurs d’oxygène livrés quelques jours seulement avant cette cérémonie druidesque. Ils furent en nombre si conséquent et ils eurent tant de courage, usèrent tant de lames de cutter, de rouleaux de chatterton et de cartons découpés pour refaire -au plus près du matériel- des habits plus acceptables à la logique du remplissage que le score incroyable de 740 lots fut atteint. Foi de légionnaire : du jamais vu.
Enfin, il y eut un poste stratégique tenu par deux collaboratrices d’un jour qui référençaient et enregistraient sur l’ordinateur portable tout ce qui rentrait dans la galère. Elles vérifièrent que chaque objet portait le bon nom et la bonne référence. En réalité, les lots numérotés sont affectés avant le départ à différents bénéficiaires afin que, sur place, les choses soient bien organisées et que chacun puisse avoir son lot de matériel. Une équité qui colle bien à la mentalité de l’association Fleur Blanche.
Donc, avec toute la patience et le courage de cette joyeuse bande, tout ce qui devait rentrer rentra, et c’est vers 12h30 que le dernier objet fut déposé. Raymond Speronix fit profiter tout le monde de son expérience de l’opération en mettant la main à la pâte sur les différents ateliers. C’est donc à lui, puis à son fils, que revinrent la charge naturelle de prendre la « photo finish » des guerriers qui posèrent devant la bête bleue, repue de victuailles qui feront le bonheur des professionnels de la santé en manque de matériel au Viêt-Nam. Un bonheur simple, partagé par toutes les personnes présentes.
Comme dans tout bon village gaulois, il n’existe pas d’histoire qui ne se finisse sans un immense banquet. A ce titre, j’aimerais remercier particulièrement Maryse Samsonnix, maîtresse des lieux, ainsi que son mari Patrick qui se sont donnés sans compter toute la journée pour que chacun se sente comme chez lui. Merci à eux pour leur profond sens de l’hospitalité. Merci à Gino Bologninix, le cuisinier adjoint, qui n’épargna pas sa peine à servir, sous une chaleur « vietnamienne », les meilleures côtelettes et les meilleures saucisses grillées.
Une chose remarquable toutefois : l’absence de la célèbre bagarre entre copains. Mais c’est tant mieux !
Le banquet présidé par chef Ajassix fut rempli de convivialité et de chaleur. Ainsi on entendit lors du repas, Speronix, « le barde maison », chanter une chanson connue de lui seul « Mais c’est où qu’elles sont les vignes de mon pays, lalalalala… », pendant que tous les gaulois attablés dégustaient un vin espagnol pourtant fort délicat !
Puisqu’on en a jamais assez, le soir, un autre banquet fut organisé avec les familles des bénévoles ayant participé à l’opération Conteneur 2006.
Cette joyeuse soirée mis un terme à une journée qui donne tout son sens au mot «association».
Ici pousse bien une fleur blanche, je l'ai vérifié. |