Logo HT-FB

 

Bulletin n°15

Le Pr STRICKER et le Dr LEFEVRE sont prêts à remettre çà !


[ Sommaire du Site ][ Liste des bulletins ][ Retour ]
par Raymond SPERONIRaymond SPERONI
Photo réunion

Le calendrier des réunions du CA ne coïcidant pas forcément avec l'emploi du temps des acteurs de la mission "Rendre le sourire à des enfants" de juin 98, ce n'est que quelque 5 mois après leur retour que FLEUR BLANCHE et les professeur STRICKER (spécialiste en chirurgie maxillo-faciale) et Dr LEFEVRE (anesthésiste) ont pu finalement prendre rendez-vous afin de faire le bilan de leur action humanitaire au Viet Nam du 21 juin au 13 juillet 98. Rendez-vous était ainsi pris pour le samedi 19 décembre 98 à Nancy. Toutefois des impératifs de fin d'année pour les uns et un empêchement de dernière minute pour le professeur STRICKER ont entraîné finalement la rencontre à se dérouler en compagnie de quelques membres du CA seulement et du Dr LEFEVRE accompagné de son épouse.

Peu d'intervenants donc mais une discussion d'une grande qualité qui a permis de faire le tour tant des aspects positifs que des points à améliorer dans la perspective du renouvellement d'un tel projet.

Débutant le récit de leur mission par "Nous avons été très bien accueillis", le Dr LEFEVRE a raconté ensuite l'anecdote de leur "arrivée épique" à l'aéroport d'Hanoï. Les douaniers se montrant très zélés dans l'inspection de leurs bagages particulièrement à propos du matériel médical, des produits d'anesthésie, etc.., l'équipe française commençait à tout ouvrir et déballer lorsque "sont arrivés M. BAO(1) et Mme VAN(2)..." . Conduits ensuite à Viet Tri où les "conditions d'hébergement étaient précaires", l'équipe médicale a fait dès le lendemain la connaissance de leurs hôtes vietnamiens et des personnels hospitaliers chargés de les assister. Parmi eux, le Dr LEFEVRE a cité le Dr MANH, "médecin administratif et assistant de Mme VAN, qui a été l'homme à tout faire tant pour la logistique, que lors des consultations des enfants puis des brancardages durant les interventions."

Déclinant la proposition de leurs interlocuteurs de se réunir "1 heure tous les jours puis un jour en fin de séjour", l'équipe médicale s'est mise aussitôt au travail ce qui lui a permis de consulter puis opérer un maximum d'enfants dans une agréable ambiance de travail. "Sur les 200 enfants que nous avons vus, nous en avons opéré 92, un cas simple nécessitant une intervention d'une heure contre 3 à 4 heures pour les cas les plus compliqués. Tous les enfants ont fait preuve d'une grande patience dans l'attente, sans pleurs ni cris".

Bien que "M. BAO se soit montré très efficace" durant les 3 semaines de la mission humanitaire, le Dr LEFEVRE a souligné le "gros problème de communication" auquel ils ont été confrontés en permanence avec les Vietnamiens. "60 % de la population a moins de 20 ans. Ne se reconnaissant pas dans les guerres récentes, elle ne parle donc pas le français mais plutôt un anglais souvent difficilement compréhensible". Fort heureusement, c'était le moment de la coupe du monde de football. "Les Vietnamiens étaient subjugués" a indiqué le Dr LEFEVRE, "ce qui nous a permis de communiquer un maximum tant bien que mal du reste".

Evoquant ensuite les deux centres hospitaliers où ils ont officié, le Dr LEFEVRE a marqué une préférence pour "Phu Tho, mieux organisé que Viet Tri".

A la question relative à la formation d'un chirurgien maxillo-facial en France, le Dr LEFEVRE a répondu que cela lui semblait "utopiste". Expliquant qu'en France "pour former un chirurgien comme le Prof. STRICKER, il fallait 14 ans d'études après le bac + 4 ans de spécialité maxillo-faciale", quand bien même un médecin vietnamien aboutirait, il ne pourrait rien faire à son retour tant "les structures hospitalières vietnamiennes sont à des années lumière de ce que nous possédons en France". Le régime en place constituant un frein énorme au développement, "Il lui manquerait tout et en particulier le matériel et la technicité". Illustrant ses propos, le Dr LEFEVRE a raconté alors l'anecdote du matériel que le Prof. STRICKER et lui-même destinaient en fin de mission à des collaborateurs vietnamiens : "Impossible de leur offrir nominativement, il a fallu le donner aux responsables...".

Les membres du CA, se référant à l'article de l'Est Républicain de fin juillet, ont souligné ensuite que ce dernier avait suscité de nombreuses vocations. Confirmant le "grand impact" de cet article, le Dr LEFEVRE a mis aussitôt en garde HT-FB à propos "des jeunes qui veulent aller en Asie pour se faire la main ou tailler du bec comme il se dit dans le jargon spécialisé". Qu'adviendrait-il en effet "si un accident arrivait ?". Bien qu'ayant déjà effectué des missions similaires aux Philippines, le Dr LEFEVRE a indiqué que "sur place c'est un souci majeur". Il a ajouté qu"en France, les gens sont prévenus ; le risque est expliqué et accepté. Là-bas, il n'y a qu'une obligation de réussite... d'autant plus nécessaire que les conditions d'exercice de la médecine ne sont pas prises en charge par une organisation comme INTERPLAST(3), à laquelle le Prof. STRICKER et moi-même sommes affiliés."

Regrettant que sur place "il n'y ait pas eu en permanence quelqu'un de l'association", ce qui parfois leur a donné "l'impression d'être bien seuls et sans interlocuteur", le Dr LEFEVRE a évoqué aussi en second lieu le problème lié aux photos : "On n’avait qu'un petit appareil mais surtout pas de photographe...". Estimant en finalité que "le bilan de la mission est très positif", les médecins nancéiens par la voix du Dr LEFEVRE se disent "Prêts à remettre çà" et précisent qu"il n'y a pas besoin d'infirmières françaises de bloc : les gens sur place ont été compétents et de bonne volonté". Demandant à obtenir des nouvelles des enfants opérés, ils souhaitent par ailleurs savoir si des problèmes post-opératoires, et lesquels, sont survenus après leur départ.

Assurant les médecins de leur fournir les informations demandées et faisant part à l'assemblée du courrier récent de Mme VAN qui demande de renouveler en 99 la mission réalisée en juin 98, Patrice VIEL, le président d'HT-FB, a remercié au nom de tous les membres de l'association les deux généreux médecins ainsi que Michel GELLE pour tout le travail de préparation et suivi de cette mission, travail accompli durant son séjour à Hanoi en mai, juin et juillet derniers.
 

(1) M. TRAN VAN BAO est un ancien chirurgien militaire, francophile et francophone hors pair et de surcroît ami de HT-FB depuis de nombreuses années. [ retour ]

(2) Mme BUI THUY VAN est directrice du service de la santé de la province de Phu Tho. [ retour ]

(3) INTERPLAST est une association d'origine américaine de médecins et chirurgiens plasticiens. Le siège est basé en Allemagne. L'association dispose de moyens financiers gigantesques dont entres autres des bateaux hôpital.
[ retour ]
 


[ Haut de page ]
[ Sommaire du Site ][ Liste des bulletins ][ Retour ]