Plein succès au terme de 4 mois de stage
Cette aventure a commencé au mois d’octobre 2002 lorsque, étudiants en Maîtrise à l’Institut Universitaire Professionnalisé de la Faculté de Médecine de Nancy, nous avons pris la décision de reconduire le partenariat avec l’association Fleur Blanche, nommé par nos prédécesseurs Bouton d’Or.
Qui sommes-nous ? Anthony VOIRIN, issu d’un BTS Electronique, et Yannick ETTWILLER, d’une filière de santé. Nous nous sommes engagés à réaliser notre stage de fin d’année dans le domaine du Génie Biomédical dans les structures de soins du Viêt-Nam afin d’y apporter notre soutien.
Ainsi, l’opportunité nous a été offerte d’installer 8 générateurs d’hémodialyse, destinés au service du Professeur KHOI de l’hôpital Bach Mai à Hanoï.
Pour ce faire, notre première mission fut de suivre une formation sur ces derniers, auprès des techniciens du service de dialyse du centre hospitalier de Brabois. Celle-ci se déroulait pendant nos plages horaires disponibles dans notre emploi du temps et celui des techniciens.
Nous avons eu dans le même temps à gérer les détails administratifs et logistiques de notre voyage, comme l’obtention des visas et l’achat de nos billets d’avion. D’autre part, afin de financer cette mission, nous avons mené des demandes de subventions auprès de différents organismes. C’est donc avec l’aide du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, de la Mairie de la ville de Nancy et de l’Association Fleur Blanche que nous avons pu partir pour le Viêt-Nam.
Le 23 février 2003, nous nous sommes envolés à destination de l’aéroport Noi Bhai de Hanoï. A notre arrivée, nous avons été accueillis par le Docteur TUAN qui, ayant effectué un an de formation au C.H.U. de Montpellier, parle le français. L’aventure pouvait alors commencer.
Notre transfert depuis l’aéroport jusqu’à notre lieu de domicile, prévu et réservé par le Professeur KHOI, fut notre premier contact avec le pays. Celui-ci s’est révélé pour le moins déroutant, au point que nous nous sommes demandés s’il existe un code de la route car les déplacements s’effectuent dans l’anarchie la plus totale.
Ceci, ajouté à la fatigue, au décalage horaire et au changement de climat, n’a fait que renforcer notre désir d’arriver à notre logement.
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Préalablement, nous avons été informés par notre maître de stage qu’une chambre disposant de deux lits, ainsi qu’un endroit dédié à l’accueil de nos convives, nous attendrait à l’hôtel. Or, à notre arrivée au 12, rue Cao Ba Quat, la surprise fut de taille lorsque nous avons constaté que la chambre ne disposait que d’un grand lit.
Nous avons fait la connaissance de la propriétaire des lieux, Madame LOAN, avec laquelle nous avons pu nous familiariser avec l’une des pratiques les plus courantes du Viêt-Nam, à savoir le marchandage car le prix du loyer initial avait subi une inflation de 50 %.
Pour notre premier jour de travail, le Professeur KHOI est venu nous chercher à notre domicile pour nous conduire au service technique où il nous a présentés aux membres de l’équipe.
Après les recommandations d’usage, nous avons commencé par réaliser un inventaire des pièces détachées se trouvant dans les colis accompagnant les générateurs d’hémodialyse. Ceci avec l’aide des ingénieurs vietnamiens, ce qui n’a pas été sans poser quelques problèmes de compréhension, car un seul d’entre eux parle anglais.
Cette tâche accomplie, le travail sur les générateurs a pu commencer. Après un contrôle de l’aspect général des machines, nous avons procédé à leur mise en route. Or, à notre grande surprise, aucune d’entre elles ne fonctionnait alors qu’en quittant la France, elles étaient toutes en état de marche.
Certaines pannes étaient dues à l’oxydation des cartes électroniques provenant probablement de l’humidité ambiante pendant le trajet en bateau. D’autres provenaient, par exemple, de la défaillance de capteurs ou de leur calibration erronée. Pour y remédier, l’utilisation d’un kit de calibration est nécessaire. Or, celui-ci n’étant pas disponible sur place, nous avons dû en confectionner un à l’aide des « moyens du bord ».
Une fois toutes les pannes surmontées, nous avons eu à faire face à la différence de concentration des solutions utilisées au Viêt-Nam pour la réalisation des bains de dialyse (liquide servant à purifier le sang du patient). Ainsi, il nous a fallu reprogrammer les valeurs de concentration dans la mémoire de la machine. Après ces réparations et modifications effectuées, les générateurs étaient opérationnels.
Cependant, leur configuration ne correspondait pas au mode d’utilisation du service de dialyse de l’hôpital Bach Mai. En effet, au regard du nombre de patients, les séances débutent très tôt le matin pour finir tard dans la nuit. Elles sont programmées pour durer 3 h 30, alors qu’en France le temps de traitement est en moyenne de 5 h.. Dans ce but, deux équipes soignantes se relayent au chevet des patients.
Une autre différence importante est celle existant entre les lignes à sang utilisées dans chaque pays. Ces lignes à sang servent à réaliser le lien entre la machine et le patient, et la connaissance par le processeur du diamètre de la partie siliconée est nécessaire pour effectuer les calculs de volume échangé. Ainsi il est possible de gérer les paramètres de séance et la qualité de cette dernière s’en trouve améliorée.
Un autre aspect de notre stage fut de former, d’une part, le personnel technique, et d’autre part, le personnel soignant. Concernant les ingénieurs, ceux-ci ont reçu une formation pour effectuer la maintenance des appareils, et ainsi, garantir leur état de fonctionnement.
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Cet apprentissage a pu être réalisé en s’appuyant sur les documentations techniques des générateurs, les connaissances acquises lors de notre formation au C.H.U. de Nancy, et en simulant diverses pannes pour mettre les ingénieurs en situation.
En fait, la mise en place des générateurs n’a pu se faire qu’à partir du 14 mai 2003, en raison de l’épidémie de SRAS sévissant auparavant. C’est à cette date que le premier patient vietnamien fut dialysé par l’une des machines dont nous avions la charge.
Afin de palier à tout éventuel problème avec les générateurs de dialyse lors des séances, nous sommes resté présents dans le service. C’est à cette occasion que nous avons réalisé la formation du personnel soignant à l’utilisation du matériel que nous avions mis en place.
Nous avons été amené aussi à effectuer des diagnostics sur des appareils similaires dans d’autres hôpitaux de la ville.
Pour nous récompenser de notre travail et nous détendre, le Professeur KHOI organisa des excursions dans la région durant les week-ends. Nous avons ainsi pu apprécier les charmes du Viêt-Nam.
Cependant, notre plus grande récompense restera le sourire des patients vietnamiens dialysés grâce à nos appareils.
Encore un grand merci à tous les membres de l’association de nous avoir permis de vivre cette aventure qui restera gravée dans nos mémoires et qui se poursuit en nos cœurs.
Yannick et AnthonY
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