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Bulletin n°33Nouvel exemple de coopération pour la santé |
Evelyne BALLOUL |
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Le Val de Marne, l’un des trois départements à n’avoir pas délégué cette compétence au secteur privé, a son propre service public d’assainissement. Il a été sollicité par les vietnamiens pour intervenir en ce domaine. Le diagnostic est donné par le Docteur Tran Song Hy, directeur de l’hôpital provincial : l’eau que nous utilisons est de mauvaise qualité, celle que nous rejetons aussi. Notre hôpital soigne mais ses rejets rendent malades. Un grand nombre de maladies digestives, de peau, parasitoses, infections... sont directement liées à la qualité de l’eau. Au bloc opératoire, les lavabos où les chirurgiens lavent et désinfectent leurs mains contiennent des colibacilles par milliers. Alimenter en eau potable l’établissement, prendre des mesures drastiques dans les secteurs les plus sensibles, ont formé le premier stade de la coopération. La résolution de la deuxième phase est l’oeuvre conjointe des Vietnamiens et du Département : l’assainissement vu de façon globale. Hier, les eaux usées étaient collectées dans un système anarchique de tuyaux, les toilettes raccordées à des fosses septiques comportant trop souvent des fuites. L’ensemble des déchets de l’hôpital, y compris les seringues, compresses résidus d’épurations, étaient stockés sur la terre en plein air. L’eau de pluie y ruisselait, agissant comme un filtre à café, rentrait dans le sol ou s’écoulait dans la petite rivière, affluent du fleuve rouge au pied de l’hôpital. Toutes les infections possibles et avérées se retrouvaient ainsi dans le milieu naturel où la population puise l’eau d’irrigation des rizières et de la vie courante, y compris celle de l’alimentation.
Le Département du val de Marne a transféré savoir-faire et technologie à nos amis Vietnamiens et n’a pas fait à leur place. Comme le dit le proverbe : « Si tu veux offrir un repas à une personne, donne lui un poisson. Si tu veux qu’il mange toute sa vie, apprends lui à pêcher. » Après avoir mis en place des processus et des formations pour le tri des déchets : déchets courants d’un côté, direction la décharge municipale, déchets hospitaliers potentiellement infectieux, direction l’incinérateur à très haute température, grâce à un équipement fourni par la coopération, la formation et la maintenance. Les eaux usées sont désormais dirigées vers une station d’épuration moderne et performante, la première de ce type dans un hôpital vietnamien. La station donne aujourd’hui entière satisfaction. Les analyses de sortie des eaux sont excellentes. Aujourd’hui, l’hôpital où l’on soigne efficacement ne « fabrique plus » des malades par ses rejets d’eaux usées. La réussite de ce programme permet d’aller plus loin. Sur son modèle, cinq autres sont en cours dans des sites pilotes, de petits hôpitaux et des dispensaires de la région. Cette coopération autour du bien commun à l’humanité qu’est l’eau, est une valeur à partager. En 2004, le festival de l’OH ! aura pour invité le Vietnam. Spectacles, culture, échanges... et surtout solidarité, des mots que nous connaissons bien à Fleur Blanche. |
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