Jacques KAHN, récemment en retraite, a exercé la fonction de chirurgien spécialisé dans les opérations de chirurgie vasculaire et viscérale à la Clinique Notre Dame, puis à la Polyclinique de la Ligne Bleue d’EPINAL, pendant de longues années.
Personnage généreux et haut en couleurs, c’est naturellement qu’il s’est tourné vers les opérations humanitaires, dés qu’il a quitté la vie professionnelle.
C’est par l’intermédiaire de son fils, Xavier, lui aussi chirurgien, que j’ai appris courant 2003, que Jacques souhaitait se mettre à la disposition de Fleur Blanche, pour effectuer une mission au VIET-NAM. Pour cette première expérience, il souhaitait être accompagné de sa collaboratrice de toujours, son épouse Hélène, et par Jacqueline BALLANDRAS, infirmière anesthésiste toujours en activité.
Après une rencontre, et bien des péripéties dans l’organisation de cette mission initialement prévue à PHU THO, l’équipe est finalement partie, avec un stock de matériel de haute technologie opératoire, en novembre 2003, à destination de HAÏPHONG et pour deux semaines.
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| De gauche à droite : une journaliste de La Liberté de l’Est, Sylvain AJAS et Jacqueline BALANDRAS |
Extraits du Compte-rendu de Jacques KAHN
« Ce voyage nous a fait découvrir le Viet-Nam, du Sud au Nord. Nous avons été frappés par la différence entre le Nord et le Sud, essentiellement à cause de la différence économique entre ces deux régions. Au Nord, les chirurgiens sont moins ouverts aux techniques modernes. Leurs besoins concernent davantage l’organisation de l’infrastructure et des fournitures très basiques. En ce qui concerne HAIPHONG, but de notre mission pour HTFB, à signaler : un accueil extraordinaire de gentillesse. Il s’agit d’un hôpital de 1ère catégorie, type CHU. J’ai été frappé par l’adresse des chirurgiens, la compétence des anesthésistes et le dévouement général du personnel.
Le problème le plus important est celui de l’infrastructure (bâtiments) et de son organisation. Le problème médicochirurgical est immense, moins par les besoins de formation des intervenants, que par le manque d’outils de première nécessité.
Si j’étais à leur place, je souhaiterais :
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des locaux corrects (c’est en vue, mais il est indispensable d’arrêter la libre circulation de civils, qui se promènent n’importe où, y compris dans le bloc, en tenue civile),
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un système de stérilisation (c’est en vue),
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des boîtes d’instruments habituels pour éviter les désinfections hasardeuses entre deux interventions,
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lunettes grossissantes,
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amplificateur de brillance,
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moteur pour la chirurgie orthopédique,
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prothèses vasculaires
Extraits de l’intervention d’Hélène KAHN, à l’occasion de notre Conseil d’Administration de janvier 2004
« J'ai été frappée par l'extraordinaire gentillesse des vietnamiens et la compétence des chirurgiens et anesthésistes », assure Hélène. « Ils manquent cruellement de moyens. Le bloc opératoire en fonctionnement est minable, sale. Quant aux conditions d'asepsie, n'en parlons pas. Il n'est pas rare de voir des rats circuler dans les couloirs, ni plusieurs patients opérés en même temps dans le même bloc opératoire. Une grande partie de la population vit dans une extrême pauvreté et ne peut accéder aux soins car les interventions chirurgicales sont à la charge des patients.
Dans de nombreux cas, ils doivent renoncer à l'intervention et sont donc condamnés. De plus, il faut savoir que là bas, la famille est omniprésente, c'est elle qui a en charge la nourriture du patient hospitalisé et on la retrouve jusque dans le bloc opératoire ! ».
L’expérience de Jacqueline BALANDRAS
| Résumé de la mission |
Jacques KAHN a collaboré à quelques opérations, lorsque les chirurgiens ont été en difficulté et ont fait appel à lui.
Jacqueline BALLANDRAS a monté des protocoles pour l’utilisation de nouveaux médicaments, dont les anesthésistes de Haiphong n’avaient pas connaissance. Elle a également formé à l’utilisation de sondes, de nouveaux anesthésiques et d’antalgiques, ainsi que sur la technique de fonctionnement des respirateurs. Certains matériels étaient sur place, alors que les anesthésistes ne savaient pas comment les utiliser.
Quelques respirateurs en état de marche et l’envoi d’un technicien réparateur seraient les bienvenus.
Hélène KAHN a fait un audit de l’ensemble des services de l’hôpital. Elle a constaté un important disfonctionnement de la stérilisation. Des opérations très sceptiques sont pratiquées à côté d’opérations nécessitant un milieu stérile. D’après elle, une ré-organisation et de simples méthodes de nettoyage et de stérilisation seraient déjà une très bonne chose.
La plupart des services n’ont rien. Le chirurgien responsable de la cardio, à qui elle demandait de quel matériel il disposait dans son service, lui a montré ses mains, sa tête et son stéthoscope.
Hélène KAHN a établi une liste de toutes les publications nécessaires au sein de l’hôpital de HAÏPHONG. Elle souhaite trouver un budget de financement pour ces abonnements auprès du Président du Sénat, Christian PONCELET.
Aujourd’hui, après avoir effectué une mission humanitaire à BOUAKÉ en CÔTE D'IVOIRE pour Médecins Sans Frontières, Jacques KAHN s’apprête à repartir pour d’autres missions. |
Jacqueline BALANDRAS est revenue de cette mission enthousiaste et encore confortée dans sa démarche. « En fait, à force de travailler dans un bloc opératoire, je me suis rendue compte que nous étions assistés et jamais contents, trop gâtés en fait. J'ai eu envie de faire de l'anesthésie en situation de guerre, d'urgence. J'ai donc effectué une première mission au MEXIQUE. Puis ma rencontre avec l'association « Hoa Trang » m'a permis d'aller au VIETNAM et j'ai été séduite. Les vietnamiens n'ont rien mais vous donnent le maximum. Au VIETNAM, il s'est passé quelque chose. Pour moi, c'est comme une deuxième vie. »
Jacqueline s'est prise de passion pour ce pays et pour ses habitants. Elle a d'ailleurs prévu d'y retourner en mai. A SAIGON cette fois.
(de gauche à droite) une journaliste des Dernières Nouvelles d’Alsace, Flavie NAJEAN, Christian REMY
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(de gauche à droite) Patrice VIEL, Hélène KAHN, Patrick SAMSON
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