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Bulletin n°40Carnet de Voyage |
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Michèle CAMUS |
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| Fin décembre 2006. Voilà déjà 4 mois que nous sommes revenus d’Hanoï. Notre voyage semble déjà très loin, mais les souvenirs, eux, sont vivaces et denses. A la demande de Fleur Blanche, voici quelques récits repris de notre carnet de bord, qui illustrent notre émerveillement tout au long des 3 semaines passées à Hanoï. Je vous écris attablée devant l’ordinateur familial, avec Thanh, bambin de 8 mois, sur mes genoux, qui s’acharne gaiement et bruyamment sur son petit jouet. Circuler au Vietnam est un poème en soi, une aventure terrifiante au départ mais à laquelle nous nous habituons avec une facilité déconcertante... « Notre chauffeur s'appelle Quang, lumière en vietnamien et Tu Chinh, guide interprète, est venue accompagnée de son mari, Dinh. Conditions météo obligent : nous partons sous des trombes d'eau mais avantage non négligeable dès la sortie d'Hanoi, le trafic est nettement moins dense. La pluie, ça dissuade !!!
Quang use peu du klaxon mais n'en reste pas moins téméraire pour zigzaguer sur la route, bandes de gauche ou de droite indifféremment afin de contourner les obstacles. Ceux-ci sont nombreux. Il y a les obstacles mobiles avec moteur : vélos, mobylettes, voitures et autres engins allant de la camionnette, camion aux bus, les mobiles sans moteur : piétons, buffles ou chiens. Il y a aussi les obstacles fixes : en priorité les ÉNORMES flaques d'eau et à l'approche des collines du Nord, les gros cailloux, les écroulements de falaise ou les tas de sable. » Notre chambre d'hôte est un lieu privilégié : refuge contre les bruits et la circulation urbaine, moments dédiés à l’apprivoisement à tour de rôle des parents et de l’enfant, demeure consacrée aux rencontres : avec soi-même, avec les familles adoptives, avec les autres bébés et avec notre délicieuse hôtesse Mme OAHN. « La maison Y Lan bruisse de mille sons dans l'atmosphère feutrée de la chambre. Du rez de chaussée, on entend les cris des petits-enfants de Mme OAHN. Des chambres voisines, retentissent les pleurs d'un enfant ou les vagissements d'un autre. Tiens, on actionne la sonnette d'entrée. Les 2 chiens de la maison se précipitent furieusement. Impossible de manquer l'arrivée d'un visiteur. »
La rue est un spectacle en soi. Les personnes que nous croisons, les échoppes, les immeubles, les odeurs, les mets à goûter (fruits, beignets, ...) proposés par des commerçantes de tous âges, ... « Nous sortons visiter les rues environnantes. En chemin, nous récoltons des sourires sur notre passage. Les visages des vietnamiens, femmes et hommes, jeunes ou âgés, s'éclairent subitement, quand ils réalisent que nous portons un bébé dans l’écharpe. Certains n'hésitent pas à s'approcher pour le regarder de près. Un peu plus loin, donnant directement sur notre rue, un marché permanent de minuscules échoppes s'étire sur deux ruelles parallèles. Voilà pourquoi, il existe peu de supermarchés au Vietnam... Les étals sont dans la rue, partout ou encore sous forme de commerces ambulants. Et c'est tant mieux ! Quel plaisir de faire ainsi ses courses.» Au Vietnam, vous trouvez une activité artisanale ancestrale. Tissage, objets laqués, sculptures, peintures, ... vous éblouissent par leur finesse. « Nous nous arrêtons 3 heures plus tard dans le village de Ban Lac, habité par les Thai (ce ne sont pas les Thailandais mais une des 54 minorités ethniques du Vietnam). Ils ont leur propre langue, un habitat spécifique avec maisons en bois sur pilotis et toit de chaume et sont des artisans renommés pour leur savoir-faire en tissage : chanvre, soie, coton.
Les étals sont splendides. Grâce à Tu Chinh, interprète, nous posons plein de questions. Les fillettes apprennent le métier dès l'âge de 12 ans. Sur place, ils cultivent le ver à soie et chaque maison possède son métier à tisser. Les logis sont à l'étage. Le bambou, arbre sensationnel, est utilisé à toutes les sauces : fenêtres, plancher, petit échafaudage, métier à tisser, carillon, ... Ces artisans possèdent un sens développé des couleurs et des motifs. Les tissus sont d'une rare élégance ! L'activité principale du village Ha Thái est l'agriculture et quand l'activité baisse dans les champs, les villageois vaquent à d'autres activités rémunératrices, comme celle de la fabrication d'objets laqués. La laque est obtenue de la sève d'une variété de sumac que l'on transforme en pâte qui est appliquée en couches fines (10) sur le support et poncées après chaque période de séchage. Autant dire qu'un objet en laque exige beaucoup de travail manuel. La visite du village Van Phuc nous permet de mieux comprendre la fabrication des fils de soie et de voir en fonctionnement des ateliers de tissage. Si Zola avait été un vietnamien contemporain, il aurait pu écrire un roman sur le sujet. Les machines rafistolées avec des matériaux de récupération sont d'un autre âge et pourtant la production est somptueuse. Voilà qui illustre bien le génie de ce peuple. » Difficile de résumer 20 jours de sensations fortes en quelques pages. Ce poème écrit à la fin du séjour cherche à exprimer nos émotions. La famille Camus : Michèle, Thanh et Jean-François
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