Mauvaise rencontre
Un jour, rentrant de la rizière, une paysanne trouve dans la cuisine une marmite de riz gluant au dolique tout juste cuit à point. Gourmande, elle en attrape une poignée avec la main et se cache derrière le battant de la porte pour manger, en cachette du mari.
Elle n'en a pas mangé la moitié que l'homme est de retour. Sentant la bonne odeur du riz gluant, il est pris d'une forte envie d'en manger, mais craint que sa femme le sache. Aussi, après un regard circulaire, constatant que le coin de la porte est le plus discret, il s'en saisit une poignée avec l'intention de s'y abriter pour manger. Il tire le battant de la porte, et surprend sa femme en train de manger ce même riz gluant.
Sidéré, il s'écrie: « Oh tu es là ! »
Apercevant dans la main de son épouse la poignée de riz gluant à demi entamée, le paysan qui est rapide d'esprit, continue:
« Je croyais que tu avais fini, je t'ai pris cette autre poignée ! ».
Le cochon miraculeux
Il était une fois deux amis.
Le premier devint mandarin et oublia tout aussitôt son compagnon des mauvais jours. Celui-ci avait beau venir et revenir chez le grand homme, l'intraitable milicien de service trouvait chaque fois un prétexte pour lui refuser l'entrée.
Il fit alors l'acquisition d'un cochon de lait rôti bien doré et l'apporta sur un plateau à la résidence mandarinale. Les portes s'ouvrent comme par miracle et il fut introduit illico auprès de Monsieur le Grand Mandarin.
Négligeant de répondre au salut dont le mandarin le gratifia, il mit en silence la bête sur une table, et se prosterna devant elle, disant :
« A toi qui viens d'opérer le miracle de rafraîchir la mémoire de mon ami, grâces soient rendues, sacré cochon ! ».
CONTES POPULAIRES
Collection HIBICUS
FLEUVE ROUGE
Editions en langues étrangères
Hanoï-1986
A suivre...
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