Dossier PaludismeArticle n°3 (extrait bulletin n°20) |

Nous allons donc voir aujourd'hui les conditions favorables au développement des anophèles, car vous n'allez pas être piqué avec la même intensité selon l'endroit où vous êtes, selon le temps qu'il fait, etc. …
La latitude joue un rôle primordial. Vous le savez aussi bien que moi, le paludisme sévit dans toute la zone intertropicale, c'est-à-dire dans toute la ceinture de pauvreté du monde, là où vivent les 2/3 de l'humanité. Cette zone d'endémie est comprise entre le 35° degré de latitude nord et le 25° degré de latitude sud ou mieux, entre les isothermes d'été de 18°C. En dehors de ces latitudes, les chances de croiser un anophèle sur votre chemin diminuent très rapidement.
L'altitude va aussi influencer la population anophèlienne. Ainsi lors de votre séjour au Viêt Nam, si vous stationnez dans les principales villes (Hanoi, Saïgon, Huê, Dà Nang, Nha Trang) ou dans la baie d'Ha Long, vous n'aurez qu'un risque minime de contracter le paludisme. Par contre, dès que vous vous élèverez vers les hauts plateaux ou en montagne, une rencontre avec nos petits anophèles n'est pas fortuite et vos chances d'être atteint de paludisme vont se décupler…
L'importance des conditions climatiques sur les atteintes palustres n'est plus à démontrer :
D'autres facteurs encore interviennent comme les conditions agricoles et démographiques, l'habitat, etc.…, sans oublier le cycle nycthéméral de l'anophèle qui préférera, ô combien, vous dévorer entre le coucher et le lever du soleil. C'est la nuit que les femelles sont les plus actives, cela va de soi ! ! !
Si vous avez trouvé un job à Givet et que vous passez vos congés payés chez votre beau-frère à Montceau-lès-Mines, inutile de vous dire que la probabilité de vous faire piquer par un anophèle porteur de Plasmodium est très très faible et que vous ne vous intéresserez certainement jamais à ce problème…
Par contre si pour une raison ou une autre vous êtes amenés à dormir par une nuit étouffante durant la saison des pluies sur les berges d'une rivière de montagne au cœur du Viêt Nam alors que le vent bat son plein et que vous venez de vous apercevoir à l'instant même que vos crèmes anti-moustiques sont restées sur le bord de votre lavabo à Givet, vous réunissez les conditions idéales pour être élu meilleur paludéen de l'année et vous regretterez à jamais votre folle nuit d'exotisme qui vous obligera à cohabiter bon gré mal gré pour le restant de vos jours avec ces petits hôtes sanguins que sont les Plasmodiums et qui ne rateront pas l'occasion de se rappeler à votre bon souvenir !
Juste entre nous, et simplement pour votre
culture générale, je vous suggère les districts vietnamiens
les plus chauds en matière de palu. Il s'agit de Tra My (Province
de Dà Nang), Dakley (Province de Kontum), Bao Thang
(Province de Lao Caï), et Tuong Duong (Province de Nghê
An). A vous de voir si vous avez envie de vous y hasarder… Attendez peut-être
le
prochain bulletin, je vous parlerai des symptômes et des signes
cliniques que le paludisme induit, ce qui ralentira certainement vos ardeurs
aventurières…
Ces mêmes chercheurs ont rencontré fréquemment dans certaines ethnies une action protectrice face à ce fléau. Les membres de ces ethnies sont alors pour la plupart porteurs d'hémoglobines anormales comme c'est le cas dans la sicklèmie ou drépanocytose, dans la thalassèmie ou maladie de Cooley, ou encore dans l'hémoglobinose E.
Bien qu'il ne s'agisse pas là d'une protection absolue, elle semble néanmoins réelle, ce qui pourrait expliquer que ces anomalies sanguines, favorables à la survie en zone impaludée, se soient multipliées par le jeu de la sélection naturelle. Sachez qu'entre un palu, une thalassèmie ou une drépanocytose, mieux vaut encore être en bonne santé…
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